Peut-être avez-vous entendu parlé de la grande découverte que la NASA fêtait début décembre en grandes pompes. Il s’agissait alors d’une bactérie vivant dans un lac de Californie capable de survivre et même de se nourrir uniquement d’Arsenic, ce poison naturel et mortel. Une fausse découverte scientifique qui aurait pu remettre en cause nos connaissances sur la vie.
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Commentaires
Il est vrai que l'annonce de cette découverte par Félicia Wolfe-Simon et ses collègues pose certaines questions, notamment concernant le processus de validation des publications scientifiques par les pairs. Pour mémoire ce processus, sur lequel est fondée la recherche "moderne", implique que tout résultat scientifique censé faire l'objet d'une publication doit être évalué par des spécialistes du domaine (les pairs) qui peuvent demander aux auteurs de compléter leurs travaux si ceux-ci sont jugés insuffisamment probants. Les auteurs doivent également fournir toutes les informations nécessaires à la reproduction de leurs expérimentations, au cas où des tiers souhaiteraient les réaliser eux-mêmes.
On peut se demander pourquoi, dans ce cas précis, certains contrôles assez basiques, qui auraient permis de couper court à toute polémique, n'ont pas été demandés par les examinateurs. Toutefois, il me semble qu'affirmer que les résultats de Wolfe-Simon ont été « discrédités » est un peu abusif : les auteurs continuent à défendre leurs travaux, persuadés d'avoir découvert que la bactérie GFAJ-1 possède un ADN contenant de l'arsenic. Le seul moyen de trancher sera de réaliser des expériences complémentaires qui permettront de confirmer ou d'infirmer leurs résultats. Les auteurs se disent d'ailleurs prêt à fournir la souche bactérienne à quiconque souhaite mener ces expériences de vérification.
Quoi qu'il en soit, ce débat est très intéressant car il montre bien comment se construisent les savoirs scientifiques : progressivement, par le débat et la remise en question (scientifique !) des résultats, jusqu'à l'obtention d'une réponse satisfaisante. Grâce à GFAJ-1, nous voyons la "science en train de se faire"...
Cette histoire mouvementée souligne également les risques liés à une communication outrancière, telle que celle menée par la NASA dans ce cas précis...
Un article sur le sujet sur l'excellent blog de Denis Delbecq :
http://effetsdeterre.fr/2010/12/09/la-bacterie-extraterrestre-a-peut-etr...